vendredi 25 juillet 2014

Palestiniens: des milliers de manifestants ont défilé à Paris dans le calme

Palestiniens: des milliers de manifestants ont défilé à Paris dans le calme


Des milliers de manifestants propalestiniens ont défilé mercredi soir dans le calme à Paris, une manifestation autorisée mais très encadrée, quelques jours après deux rassemblements interdits qui avaient dégénéré, y compris en violences antisémites.
Ils étaient 14.500, d'après la préfecture de police et 25.000 selon Taoufiq Tahami, président de l'Association France Palestine Solidarité, l'un des organisateurs, sur la rive gauche. Le défilé s'est dispersé aux Invalides autour de 21H00.
Quelques rares frictions ont rapidement été cadrées par un service d'ordre réactif, sous les applaudissements de manifestants, selon des journalistes de l'AFP.
Dans le cortège, des sympathisants étaient revêtus d'un drapeau palestinien ou de keffiehs, d'autres arboraient un simple autocollant: "Boycottons Israël". "Nous voulons parler politique, pas de Sarcelles ou de Barbès. Nous voulons donner la preuve que nous sommes des gens responsables", a déclaré M. Tahami.
"Israël assassin, Hollande démission!" et "Vive la Palestine, vive la résistance", a scandé la foule. Samira Cheblal, employée médicale, est venue pour dire "stop aux massacres d'enfants et de civils".
 
Plusieurs personnalités politiques dont l'ex-ministre écologiste Dominique Voynet, le coprésident du Parti de Gauche Jean-Luc Mélenchon, et plusieurs députés socialistes étaient présents.
Ce rassemblement avait été autorisé car les organisateurs, le Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens, regroupement d'associations, de syndicats et de partis, "veulent une manifestation pacifique", avait justifié le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.
François Hollande avait réaffirmé en Conseil des ministres qu'il était de la responsabilité de l'Etat "de faire respecter l'ordre républicain".
Le défilé était placé sous très haute surveillance. Quatre organisations - CGT, NPA, Parti de gauche et PCF - ont assuré le service d'ordre, avec le soutien de "plus de mille policiers en tenue et en civil", selon une source policière.
Plus tard dans la soirée, dans un autre quartier de Paris, dans le Marais, seize personnes ont été interpellées après avoir proféré des insultes antisémites dans un restaurant situé près du quartier juif de la rue des Rosiers, selon une source policière.
Ces 16 personnes, dont une majorité est mineure, sont soupçonnées d'avoir commis des "dégradations" dans ce restaurant du Marais, dans le centre de Paris, et d'avoir proféré des "insultes antisémites", selon cette source.
Les personnes qui ont été interpellées criaient "mort aux juifs" et "Israël assassin", a raconté à l'AFP une témoin de la scène.
Alors que l'offensive israélienne à Gaza a fait plus de 700 morts côté palestinien et 34 côté israélien, des dizaines de rassemblements ont lieu dans toute la France.
- Enfants tués à Gaza -
"Non à la barbarie sioniste", criaient certains sympathisants à Toulouse, tandis qu'à Bordeaux, une minute de silence a été observée "en hommage aux martyrs".
A Lyon, 1.500 à 2.000 personnes défilaient. Certaines se sont couchées sur le sol "pour symboliser les victimes de l'offensive israélienne", a expliqué Lila Mami, vice-présidente du collectif Palestine 69. Il y en avait presqu'autant à Lille. A Strasbourg, une centaine de personnes ont porté du blanc, brandissant une pancarte avec le nom d'un enfant tué à Gaza.
"On bombarde aujourd'hui des écoles et des hôpitaux. Il est grand temps d'avoir un sursaut citoyen pour réveiller les consciences de l'Union européenne et des gouvernements", a déclaré à Lille Karima Delli, députée européenne EELV.
Fallait-il interdire les manifestations pour éviter qu'elles dégénèrent? La question continuait de diviser.
Selon un sondage Ifop pour Le Figaro publié mercredi, une majorité de Français (62%) se déclare "plutôt favorable" à l'interdiction de ces manifestations car elles s'accompagnent de violences.
Répondant aux critiques, venant notamment de l'UMP mais pas seulement, le ministre de l'Intérieur a justifié les interdictions en raison de "risques de troubles à l'ordre public", mais affirmé que "la liberté de manifester est la règle".
Un autre rassemblement de soutien aux Palestiniens a été annoncé samedi à Paris à l'appel des organisations qui avaient déjà appelé à manifester samedi dernier malgré l'interdiction.
A Pontoise, la justice a condamné mardi à de la prison ferme quatre jeunes gens interpellés dimanche à Sarcelles, en banlieue parisienne, où la manifestation interdite avait viré en émeutes urbaines aux relents antisémites.
A Paris, le parquet, qui demandait de la prison ferme, a fait appel de toutes les peines avec sursis prononcées par le tribunal à l'encontre des mis en cause dans les violences dans le quartier de Barbès à Paris samedi.

Gaza: des milliers de manifestants ont défilé à Paris dans le calme

Gaza: des milliers de manifestants ont défilé à Paris dans le calme

 - Publié le 
Des milliers de manifestants propalestiniens ont défilé mercredi soir dans le calme à Paris, une manifestation autorisée mais très encadrée, quelques jours après deux rassemblements interdits qui avaient dégénéré, y compris en violences antisémites.
Ils étaient 14.500, d'après la préfecture de police et 25.000 selon Taoufiq Tahami, président de l'Association France Palestine Solidarité, l'un des organisateurs, sur la rive gauche. Le défilé s'est dispersé aux Invalides autour de 21H00.
Quelques rares frictions ont rapidement été cadrées par un service d'ordre réactif, sous les applaudissements de manifestants, selon des journalistes de l'AFP.
Dans le cortège, des sympathisants étaient revêtus d'un drapeau palestinien ou de keffiehs, d'autres arboraient un simple autocollant: "Boycottons Israël". "Nous voulons parler politique, pas de Sarcelles ou de Barbès. Nous voulons donner la preuve que nous sommes des gens responsables", a déclaré M. Tahami.
"Israël assassin, Hollande démission!" et "Vive la Palestine, vive la résistance", a scandé la foule. Samira Cheblal, employée médicale, est venue pour dire "stop aux massacres d'enfants et de civils".
 
Plusieurs personnalités politiques dont l'ex-ministre écologiste Dominique Voynet, le coprésident du Parti de Gauche Jean-Luc Mélenchon, et plusieurs députés socialistes étaient présents.
Ce rassemblement avait été autorisé car les organisateurs, le Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens, regroupement d'associations, de syndicats et de partis, "veulent une manifestation pacifique", avait justifié le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.
François Hollande avait réaffirmé en Conseil des ministres qu'il était de la responsabilité de l'Etat "de faire respecter l'ordre républicain".
Le défilé était placé sous très haute surveillance. Quatre organisations - CGT, NPA, Parti de gauche et PCF - ont assuré le service d'ordre, avec le soutien de "plus de mille policiers en tenue et en civil", selon une source policière.
Plus tard dans la soirée, dans un autre quartier de Paris, dans le Marais, seize personnes ont été interpellées après avoir proféré des insultes antisémites dans un restaurant situé près du quartier juif de la rue des Rosiers, selon une source policière.
Ces 16 personnes, dont une majorité est mineure, sont soupçonnées d'avoir commis des "dégradations" dans ce restaurant du Marais, dans le centre de Paris, et d'avoir proféré des "insultes antisémites", selon cette source.
Les personnes qui ont été interpellées criaient "mort aux juifs" et "Israël assassin", a raconté à l'AFP une témoin de la scène.
Alors que l'offensive israélienne à Gaza a fait plus de 700 morts côté palestinien et 34 côté israélien, des dizaines de rassemblements ont lieu dans toute la France.
- Enfants tués à Gaza -
"Non à la barbarie sioniste", criaient certains sympathisants à Toulouse, tandis qu'à Bordeaux, une minute de silence a été observée "en hommage aux martyrs".
A Lyon, 1.500 à 2.000 personnes défilaient. Certaines se sont couchées sur le sol "pour symboliser les victimes de l'offensive israélienne", a expliqué Lila Mami, vice-présidente du collectif Palestine 69. Il y en avait presqu'autant à Lille. A Strasbourg, une centaine de personnes ont porté du blanc, brandissant une pancarte avec le nom d'un enfant tué à Gaza.
"On bombarde aujourd'hui des écoles et des hôpitaux. Il est grand temps d'avoir un sursaut citoyen pour réveiller les consciences de l'Union européenne et des gouvernements", a déclaré à Lille Karima Delli, députée européenne EELV.
Fallait-il interdire les manifestations pour éviter qu'elles dégénèrent? La question continuait de diviser.
Selon un sondage Ifop pour Le Figaro publié mercredi, une majorité de Français (62%) se déclare "plutôt favorable" à l'interdiction de ces manifestations car elles s'accompagnent de violences.
Répondant aux critiques, venant notamment de l'UMP mais pas seulement, le ministre de l'Intérieur a justifié les interdictions en raison de "risques de troubles à l'ordre public", mais affirmé que "la liberté de manifester est la règle".
Un autre rassemblement de soutien aux Palestiniens a été annoncé samedi à Paris à l'appel des organisations qui avaient déjà appelé à manifester samedi dernier malgré l'interdiction.
A Pontoise, la justice a condamné mardi à de la prison ferme quatre jeunes gens interpellés dimanche à Sarcelles, en banlieue parisienne, où la manifestation interdite avait viré en émeutes urbaines aux relents antisémites.
A Paris, le parquet, qui demandait de la prison ferme, a fait appel de toutes les peines avec sursis prononcées par le tribunal à l'encontre des mis en cause dans les violences dans le quartier de Barbès à Paris samedi.

Paris : plongée au coeur de la manifestation pro-palestinienne

Paris : plongée au coeur de la manifestation pro-palestinienne

VIDÉO. Un nouveau rassemblement a été autorisé mercredi soir à Paris. Aucun incident n'est à déplorer. Le Point.fr y était.
Capture d'écran de notre reportage à Paris, mercredi soir.
Au pied du lion de la place Denfert-Rochereau, un homme vend des keffiehs rouge et blanc aux manifestants venus soutenir la cause palestinienne. À chaque coin de rue, un cordon de CRS monte la garde. Le dispositif policier a été revu à la hausse depuis le fiasco de la manifestation non autorisée du samedi 19 juillet, où de nombreux incidents avaient éclaté dans le quartier de Barbès. Les gros bras de la CGT, du Front de gauche et du Nouveau Parti anticapitaliste veillent aussi au grain. 
 
"L'armée israélienne ne peut pas continuer à assassiner des civils innocents !" s'emporte Younès, chef de rayon d'un hypermarché du Val-d'Oise. Ses mots sont encore plus durs pour condamner ceux qui "cassent et s'attaquent aux Juifs au nom de Gaza". À la hauteur de la tour Montparnasse, Jean-Luc Mélenchon se glisse dans le cortège. Les journalistes accourent mais le leader du Front de gauche reste muet. Présente à ses côtés, Clémentine Autain se révèle plus bavarde et rappelle l'importance de s'opposer à "ce massacre humain".

Des pétards éclatent avec fracas

"Gaza vivra, la Palestine vaincra !" reprend en coeur le cortège tout en poursuivant son chemin vers les Invalides dans une ambiance détendue. "C'est bien la preuve qu'interdire ce genre de manifestation ne sert à rien", affirme une jeune femme voilée d'un drapeau palestinien à un policier encore sceptique. En tête du défilé, l'ambiance est plus tendue. Un drapeau islamiste flotte dans l'air. De pétards explosent avec fracas. Une centaine de jeunes manifestants cherchent à faire monter la pression par tous les moyens. L'idée d'un affrontement avec les forces de l'ordre semble les préoccuper davantage que la cause palestinienne. En première ligne, les CRS leur imposent pourtant le rythme à suivre.
En débarquant sur l'esplanade des Invalides, les perturbateurs foncent sans attendre vers un barrage policier. La plupart sont adolescents, d'autres semblent encore plus jeunes. Un pavé est lancé en direction de deux photographes. Elles échappent de peu au pire. Les agitateurs changent alors de cible et foncent droit vers des journalistes dans l'attente de leur prise d'antenne. La situation se tend. Les chaînes de télévision sont accusées d'être à la solde d'Israël et de mentir aux Français. Face à cette situation, le matériel est rangé en tout hâte. Sans la moindre dégradation. 

Des Juifs orthodoxes applaudis 

Du côté de la rue de l'Université, la tension monte également d'un cran. Quelques projectiles sont lancés vers les CRS. Mais un coup de bombe lacrymogène suffit à faire reculer les plus excités. L'affrontement tant désiré n'aura donc pas lieu. Certains évoquent une action du côté de la place de la Bastille... Il n'en faut pas plus pour réveiller la colère de quelques manifestants. "La violence n'a pas sa place ici", insiste un couple en se dirigeant vers une bouche de métro. Debout sur un camion sono, des Juifs orthodoxes sont applaudis avec ferveur suite à leurs prises de position antisionistes. Pour eux, il ne peut pas y avoir d'État Juif sans la venue du Messie. Israël n'a donc pas le droit d'être.
À la tombée de la nuit, l'esplanade des Invalides a retrouvé toute sa tranquillité. Les derniers manifestants profitent des nombreuses pelouses pour se reposer ou manger un morceau. Bref, ce nouveau défilé de soutien à la Palestine aura permis de prouver au moins une chose : tous les pro-Palestiniens ne sont pas des casseurs et des antisémites en puissance. Et il semblerait qu'il suffise d'une forte présente policière pour décourager un grand nombre de ces derniers.

De Rugy constate qu'à EELV, «ils sont pour la Palestine avant d'être pour la paix»

De Rugy constate qu'à EELV, «ils sont pour la Palestine avant d'être pour la paix»

    • Le député EELV, François de Rugy
LE SCAN POLITIQUE - Le coprésident du groupe écologiste à l'Assemblée nationale regrette les ambiguïtés de son parti sur le conflit israélo-palestinien. Un constat qui survient après que Manuel Valls a dénoncé «le problème» de EELV «avec Israël.»
François de Rugy ne joindra pas ses protestations à celles d'Emmanuelle Cosse et d'Esther Benbassa après que le premier ministre a dénoncé «le problème» des écologistes et de l'extrême gauche avec Israël. Des propos rapportés jeudi par Le Figaro qui ont indigné la direction du parti écologiste.
«Avant d'être pour la paix, ils sont pour la Palestine», constate François de Rugy interrogé jeudi par Le Scan. Même s'il se dit «troublé» par le tacle de Manuel Valls («les mises en cause collectives sont toujours pénibles»), le député nantais reconnaît des «ambiguïtés» au sein de son mouvement. «Quand nous sommes allés en Israël avec Jean-Vincent Placé pour faire œuvre de clarté (en juin 2013, ndlr), notre déplacement avait suscité des commentaires internes, nous demandant même de ne pas rencontrer d'officiels.»
«Ça nous avait posé question sur certains propos», se remémore le parlementaire. Ce dernier s'inquiète aujoud'hui «d'une phraséologie, de termes graves, autour du conflit qui consiste à parler 'd'état colonisateur', 'd'occupant', 'd'apartheid', de 'génocide'.» Et le député ajoute: «toute cette phraséologie remet en question l'existence même d'Israël.»
Même si François de Rugy pense que cette ambivalence est entretenue «par une minorité», il relève régulièrement «des propos latents plus qu'explicites.» Et de citer des exemples récents, nés l'intervention de Tsahal à Gaza: «J'ai vu des propos sur des listes de discussions internes... Il y avait plus qu'une ambiguïté. Je sens un glissement sémantique.»

«À gauche, on ne veut pas voir une nouvelle forme d'antisémitisme»

Il se rappelle un épisode plus ancien, en 2004: «Aurélie Filippetti était à l'époque porte-parole des Verts à Paris. Elle s'était décrite comme une 'sioniste propalestinienne', invitant à manifester avec les drapeaux palestiniens et israéliens. Une curée a été menée contre elle.»
Avec Jean-Vincent Placé, François de Rugy prône une ligne d'équilibre, dénonçant aujourd'hui «une riposte disproportionnée» de Tsahal «et des implantations qui minent la résolution du conflit.» Ils ont été les premiers à renouer avec le dîner annuel du CRIF. «Après dix ans d'absence des écologistes», note l'élu. Mais «certains militants» se veulent plus virulents. «À l'occasion de la dernière commémoration du Vel d'Hiv, on m'a reproché sur internet de ne pas avoir eu un mot pour les 500 morts palestiniens.»
Si François de Rugy estime que Manuel Valls «aurait pu se passer» de mettre en cause dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale Jacques Boutault, le maire du IIe arrondissement de Paris (qui était présent samedi au rassemblement interdit de Barbès, ndlr), il reconnaît que les propos du premier ministre «étaient justes.» «Ces manifestations sont faites avant tout pour choisir un camp avant de dénoncer un conflit», s'agace le député qui approuve cependant leur autorisation.
Le parlementaire regrette «qu'à gauche, on ne veuille pas voir la montée d'une nouvelle forme d'antisémitisme. Je le constate depuis dix ans.» «Je ne suis d'aucune religion, ce qui me permet d'être plus à l'aise sur ce débat», avance-t-il, avant de reconnaître tout de même «qu'il est très difficile de tenir sur une ligne de crête.»

Le monde spectateur d’un massacre d’enfants

Le monde spectateur d’un massacre d’enfants

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le 24.07.14 | 10h00 17 réactions

| © AFP

Le massacre de civils ghazaouis par l’armée israélienne s’est poursuivi, hier, pour le 16e jour consécutif.

Ghaza (Palestine)
De notre correspondant


Depuis l’aube, les services d’urgence palestiniens ont recensé 35 morts et plus de 200 blessés. Cinq citoyens, dont un enfant, ont été tués sur le coup, hier matin, par un tir de drone israélien. Ils se trouvaient sur une charrette tirée par un âne. Ce triste bilan s’est certainement aggravé depuis, puisque les raids aériens sur les maisons n’ont pas cessé. Téméraires, les équipes de secours palestiennes ont réussi à récupérer plusieurs cadavres dans les zones bombardées, comme à Chedjaiya, à l’est de Ghaza. Ce quartier a été intensivement bombardé cette semaine et est totalement détruit. L’armée israélienne y a commis un véritable massacre.
Les bombardements ont causé la mort de plus 120 personnes. D’après des secouristes, il y aurait beaucoup plus de victimes et de nombreuses personnes n’ont pu être retirées des décombres de leurs maisons. L’acharnement israélien sur Chedjaiya a forcé plus 100 000 habitants à quitter leurs maisons. Certaines familles ont été recueillies dans des refuges de l’UNRWA, l’agence onusienne pour l’aide aux réfugiés ; d’autres ont été accueillis par des proches ou des amis habitant dans des quartiers moins visés par les bombardements. Sinon, la grande majorité des habitants Chedjaiya vit dans le dénuement le plus total ; ils manquent de médicaments, de tentes, d’eau et de vivres. Des épidémies commencent à faire leur apparition. C’est la catastrophe humanitaire.
Le pire est que le massacre de Chedjaiya est en train de se reproduire dans les localités de Khouzaa, Abassan et Ezzena, au sud de l’enclave palestinienne. Leurs habitants sont assiégés depuis mardi soir. Le feu des chars israéliens empêche la population de quitter les lieux pour se mettre à l’abri. Les bombardements israéliens ont fait 5 morts dans la nuit de mardi à mercredi, parmi lesquels un garçon de 7 ans et une fillette de 5 ans. Les habitants de cette localité sont pour ainsi dire condamnés à mort par Tel-Aviv. Durant toute la nuit, les habitants de Khouzaa n’ont pas arrêté de lancer des appels à l’aide à la Croix-Rouge et au Croissant-Rouge à travers les radios locales pour qu’ils viennent à leur secours.Le bilan global de l’agression israélienne contre Ghaza s’élève actuellement à près de 700 morts et plus de 4500 blessés.
L’appel de Mahmoud Abbas
Malgré les massacres perpétrés contre les civils, la destruction d’habitations, d’hôpitaux et de mosquées à grande échelle, l’armée israélienne, qui est présentée comme la plus puissante de la région, n’arrive pas à progresser sur le terrain ghazaoui. Les combattants palestiniens, dont les moyens sont rudimentaires, ont en revanche réussi à faire mal aux forces d’élites israéliennes qui tentent des percées dans l’enclave palestinienne. Pour le moment, les combats sont limités aux zones proches de la frontière.
Des sources israéliennes officielles ont reconnu la mort de 29 soldats au cinquième jour de l’invasion terrestre. Les blessés militaires israéliens se comptent aussi par centaines. Selon le quotidien israélien Ydioth Ahronot, deux soldats ont été tués mardi dans des combats au corps à corps et 21 autres ont été blessés, dont 4 grièvement.
De son côté, la direction palestinienne et particulièrement le président Mahmoud Abbas, qui a été critiqué pour ne pas avoir pris une position claire vis-à-vis de la crise, ont mis fin à toutes les supputations en dénonçant, mardi soir, de la manière la plus véhémente qui soit, l’agression israélienne contre Ghaza. Dans un discours prononcé à la télévision palestinienne, Mahmoud Abbas a, en outre, défendu le droit du peuple palestinien à la légitime défense devant la machine de guerre israélienne et a promis de tout tenter pour arrêter le massacre.
Dans un communiqué rendu public dans la nuit de mardi à mercredi à Ramallah, la direction de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) a, quant à elle, appelé à des manifestations populaires générales en signe de solidarité avec Ghaza et sa résistance.
Un Palestinien de 30 ans a été tué, hier soir, par des soldats israéliens en Cisjordanie occupée, où les manifestations de soutien à Ghaza gagnent en ampleur. C’est le deuxième Palestinien qui tombe en Cisjordanie occupée en deux jours. Malgré tous ces crimes, la communauté internationale ne fait toujours rien.

L’ONU ouvre une enquête

Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a chargé, hier, une commission internationale d’urgence pour enquêter sur «toutes les violations» qui auraient été commises dans le cadre de l’offensive israélienne à Ghaza, où plus de 670 Palestiniens ont été tués, en vue de juger les responsables. Une résolution en ce sens, déposée par la Palestine, a été adoptée par 29 voix pour, 1 voix contre (les Etats-Unis) et 17 absentions, lors d’une session extraordinaire du Conseil demandée par les pays arabes pour exiger le respect du droit international dans les Territoires palestiniens occupés. Parmi les 47 Etats membres du Conseil, seuls les Etats-Unis se sont opposés à la résolution palestinienne. Le représentant américain auprès du Conseil, Keith Harper, a souligné que «nous travaillons intensément pour garantir une cessation immédiate des hostilités, mais cette résolution ne va pas nous aider». Tous les pays européens présents au Conseil, dont la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, se sont en revanche abstenus. Tout comme le Japon.

Condamnation des «crimes de guerre» commis par Israël

Condamnation des «crimes de guerre» commis par Israël

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le 24.07.14 | 10h00 3 réactions

Réuni en session extraordinaire à la demande du tiers de ses membres, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a débattu la résolution présentée par l’Etat de Palestine demandant la protection internationale des Palestiniens et une enquête internationale d’urgence sur l’agression israélienne dans la bande de Ghaza.

Demandée par l’Egypte au nom du groupe arabe, le représentant permanent du Pakistan au nom du groupe de l’Organisation de la coopération islamique et l’observateur permanent de l’Etat de Palestine, cette résolution condamne «les violations généralisées, systématiques et flagrantes des droits de l’homme et des libertés fondamentales» découlant des opérations militaires israéliennes menées depuis le 13 juin en Palestine, «en particulier la dernière agression d’Israël dans la bande de Ghaza (...) qui a impliqué des attaques indiscriminées et disproportionnées (...) qui peuvent constituer des crimes internationaux».
Elle exige l’envoi «en urgence d’une commission d’enquête indépendante internationale» pour enquêter sur ces violations et invite les enquêteurs à dresser une liste des «violations et crimes perpétrés» et «d’identifier ceux qui en sont responsables» en vue de les juger et de «mettre fin à l’impunité». Dans une longue déclaration, diffusée sur le site web du Conseil, Navi Pillay, Haut commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, a indiqué : «Depuis qu’Israël a annoncé son opération militaire de protection Edge le 7 juillet, Ghaza a été soumise à un bombardement intensif quotidien par air, terre et mer avec plus de 2100 frappes aériennes. Les hostilités ont entraîné la mort de plus de 600 Palestiniens, dont au moins 147 enfants et 74 femmes. C’est la troisième grave escalade des hostilités durant mes six années comme Haut commissaire. Comme nous l’avons vu au cours des deux crises précédentes en 2009 et 2012, ce sont des civils innocents dans la bande de Ghaza, y compris les enfants, les femmes, les personnes âgées et les personnes handicapées, qui souffrent le plus. Environ 74% des personnes tuées étaient jusqu’ici des civils et des milliers d’autres ont été blessées. Ces chiffres ont grimpé de façon spectaculaire depuis que les opérations au sol d’Israël ont commencé, le 17 juillet. Des centaines de maisons et autres bâtiments civils, tels que les écoles, ont été détruits ou gravement endommagés dans la bande de Ghaza et plus de 140 000 Palestiniens ont été déplacés.»
Pour Mme Pyllay, même si Israël «a tenté d’avertir la population, par exemple, de quitter les maison ou procédé à une évacuation avant une attaque, cela ne le dispense pas de ses obligations en vertu du droit international humanitaire (...). Mais un certain nombre d’incidents ainsi que le nombre élevé de morts parmi les civils démentent l’affirmation que toutes les précautions nécessaires sont prises pour protéger la vie des civils. Les gens – en particulier les personnes âgées, les malades et les personnes handicapées – n’ont pas suffisamment de temps pour fuir hors de leur maison».
La commissaire a affirmé que «le mépris du droit international humanitaire et du droit à la vie étaient scandaleusement évidents», citant les cas d’enfants tués par des obus israéliens. Ces crimes, a-t-elle relevé, «soulèvent des inquiétudes quant au respect des principes de distinction, de proportionnalité et de précautions dans l’attaque». Pour la commissaire, il y a «une forte possibilité que le droit international humanitaire soit violé, d’une manière qui pourrait constituer des crimes de guerre». Mme Pillay a exigé «une enquête indépendante sur chacun des actes commis, mais aussi la levée du blocus maintenu par Israël sur cette bande».
Abondant dans le même sens, le ministre palestinien Riad Malkia a, lui aussi, exigé une enquête internationale sur les crimes odieux commis par Israël à Ghaza, en disant : «Israël est en train de perpétrer des crimes odieux. Israël détruit complètement des quartiers résidentiels. Ce que fait Israël (...), est un crime contre l’humanité et viole les Conventions de Genève.»